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Bouquinerie : Les idées larges
Des murs tapissés de livres
Des milliers de livres d’occasion, reliés ou de poche, polars ou d’aventure, romans ou essais, allant de l’histoire à la poésie, du théâtre à la cuisine, récents ou plus anciens, il y en a pour tous les goûts. Installé depuis un peu plus d’un an au 40 rue Jean Jaurès, Ludovic Riou a une passion et aime la partager. Il suffit de pousser la porte pour discuter avec ce passionné « aux idées larges »…. Texte : Siro Matorez - photo : David Daunis Vous vivez au milieu des livres, que sont-ils pour vous ? Je dirais qu’ils sont des amis de passage. Certains peuvent être considérés comme des troglodytes, d’autres comme des acrobates, voire des alpinistes chevronnés, étant donné l’organisation de la bouquinerie. Quels liens avez-vous avec votre clientèle ? J’essaie de rester en retrait pour laisser les lecteurs découvrir tranquillement le fond de la bouquinerie. Mais je suis aussi disponible dès que l’on souhaite me poser une question. Déjà un an que vous êtes ici, quelle clientèle visez-vous ? Des lecteurs de 7 à 77 ans. Que ceux qui échapperaient à cette tranche d’âge se rassurent tout de suite, je les accueillerais également avec plaisir. Vous arrive-t-il de tomber sur des raretés ou sur des coups de cœur ? Cela arrive de tomber sur des ouvrages étonnants : l’élevage du myocastor-nutria-ragondin, la traversée des Etats-Unis en chariot attelé, les installations frigorifiques (en langue roumaine). Ils sont parfois dédicacés : j’ai ainsi trouvé dernièrement une autobiographie de Diego Armando Maradona, signé de la propre main du « dieu ». Certains livres peuvent devenir des coups au cœur avec les objets cachés, oubliés par les lecteurs, dans leurs ouvrages. Ceux-ci deviennent alors le réceptacle et le messager de blessures profondes. Acheter et vendre, deux aspects du métier de bouquiniste, avez-vous une préférence ? Mon travail m’oblige à aborder ces deux démarches simultanément . D’abord, il a fallu une année pour constituer le fond. Cette approche était passionnante car elle m’a amené à m’intéresser à de nombreux thèmes littéraires, culturels et sociaux. Pour reprendre l’esprit d’un ouvrage de Claude Lévi Strauss, j’ai regardé, écouté, lu et cela a développé chez moi une curiosité et, je l’espère, une ouverture d’esprit. Acheter, c’est également arpenter des lieux insolites, et comme le disait si bien Robert Louis Stevenson : « le dehors guérit ». La vente m’a semblé plus abstraite, au départ. mais elle me donne la possibilité de dialoguer avec des lecteurs sur plein de sujets littéraires ou pas et suscite des bonheurs simples. C’est toujours un plaisir lorsqu’une personne arrive en vous demandant un ouvrage qu’elle cherche depuis longtemps et que vous pouvez lui répondre qu’il est là et qu’il l’attendait. Elle peut également devenir émouvante, notamment avec les plus jeunes lecteurs qui vous demandent un auteur qu’ils viennent de découvrir et qu’ils ont terriblement envie de lire. Cette situation vous rappelle, qu’à leur âge, vous cherchiez désespérément les mêmes livres chez les bouquinistes. Les idées larges, 40 rue Jean Jaurès à Saint-Nazaire |
Les Orientales de St Florent
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