EPISODE 11 : Un paysage urbain en mutation : Pont-Château.


EPISODE 11 : Un paysage urbain en mutation : Pont-Château.
La ville restructure son centre. Le Brivet coule en lieu et place du parking de la mairie et un viaduc ouvrira une entrée au sud.. Texte et photo : Siro Matorez

Opération à cœur ouvert ! Du « Jardin du Garde » situé au haut de la ville, on est surpris car l’étendue plane d’asphalte gris a disparu. Plus de parking ! Impression d’une fouille archéologique pour que des murs enfouis réapparaissent. On est perdu, on ne reconnaît plus le centre dont les artères sont à vif. La place s’est creusée, la ville retrouve son relief, on prend conscience de sa géographie accidentée, de sa topographie très vallonnée. Le Brivet très longtemps ignoré, presque disparu des mémoires a retrouvé son lit à ciel ouvert. Quelle histoire !
Ce serait trop long d’évoquer les siècles d’activité intense autour de cette rivière : le commerce, le transport et même les lavoirs où s’affairaient les blanchisseuses. Années 60, « il faut adapter nos villes à la voiture » déclarait Georges
Pompidou. C’était l’époque ! Le Brivet fut recouvert par un parking et on finit par l’oublier. Cinquante
ans de disparition !
Un cœur retrouvé            
Aujourd’hui, la mutation est historique, le chantier est global et prend en compte la totalité de l’espace public : son passé, son présent et son avenir. Pas de nostalgie mais une projection dynamique. La centralité de la place de la mairie est affirmée et l’aménagement des berges du Brivet renoue avec l’agora du passé. A partir de ce cœur retrouvé et actualisé rayonnent des passages, des escaliers, des îlots, des jardinets reliant ville haute et ville basse. Le corps de la ville se prêtera aux piétons et aux cycles. Convivialité. Espace propice à la flânerie : un chemin piétonnier par estacade et passerelle longera le Brivet du Carré d’Argent jusqu’au pied
du viaduc, l’ultime étape de la requalification du centre. Le projet mené par l’agence d’urbanisme Forma 6 et initié par Bernard Clouet, maire de Pont-Château, vise à faciliter les retrouvailles entre les habitants et le territoire, leur permettre de se promener, d’échanger, de commercer, voire de s’émerveiller. La ville devient théâtre, l’habitant y est acteur et cette mutation spectaculaire est emblématique d’une quête d’un vivre ensemble, d’une adéquation heureuse d’une population avec ses lieux. Tenter de donner du sens à l’espace, c’est
construire « une  commune ». Aménager ce bien commun qu’est la ville, c’est être sensible à l’esthétique (matériaux, mobilier urbain, présence de la nature …) à la mémoire (la toponymie : « venelle des Cordonniers », « rue de la Forge », « parking des Lavoirs »…) mais aussi projeter l’habitant dans l’imaginaire ( le viaduc aérien en est le symbole). Le projet est comme un rêve à l’échelle d’une ville qui écoute l’inouï de son histoire tout en se projetant vers l’avenir.