Jeanne Cherhal, pop débridée


Jeanne Cherhal, pop débridée
Changement d’écurie - fini Tôt ou Tard et sa trop lourde caution « chanson française » - et révision moteur, Jeanne Cherhal enclenche la boîte de vitesses automatique pour présenter sur scène sa métamorphose. Texte : Cyrille Taillandier   Photo : Droits réservés

Rien n’arrête plus Jeanne Cherhal, lancée à tombeau ouvert sur la route, snobant la maréchaussée – les French Cowboy, rebaptisés la Secte Humaine dans leur version backing-band de luxe, à ses trousses –, défiant les patrouilles volantes des nostalgiques d’un supposé âge d’or où la chanteuse était moins facile à distinguer de la cohorte de ses collègues féminines de la nouvelle chanson française.
Les deux pieds collés à la pop, Jeanne Cherhal trace désormais sa voie, indépendante et décomplexée, comme libérée par le virage, aussi brusque qu’enthousiasmant, opéré sur l’acclamé Charade. Dont acte. En cassant l’image de grande sœur sympa, confidente et légère, mais un rien plan-plan, en s’entourant d’instrumentistes rock (les mêmes que Philippe Katerine sur la tournée Robots Après Tout), l’ancienne chanteuse-timide-néoréaliste-à-nattes-planquée-derrière-son-piano est désormais une furie allumée et délurée à jupe minimale armée d’une basse. Et l’assume pleinement.
Nul doute que cette sensualité charismatique retrouvée fera des ravages au-delà des seuls rangs de pauvres garçons transis le 11 février prochain au Quai des Arts.


Pornichet, Quai des Arts , le 11 février à 20h30
www.quaidesarts-pornichet.fr