L, juste pour nous


L, juste pour nous
Ce que la scène française du moment compte de plus intéressant passe par Pornic. Elle s’appelle L et je l’M. Texte : Chine Dandelion - Photo : Vincent Delerm

La première fois que je l’ai entendue, je ne savais pas que c’était L. J’ai juste retenu un air et quelques mots d’une chanson : « la courbe de ton cul ». Je ne sais pas pourquoi « la courbe de ton cul » m’a fait cet effet-là. Depuis j’ai compris. Parce que ces mots arrivent dans le flot (flow) de paroles intelligentes et émouvantes d’une chanson racontant la perte d’une femme, d’une pute pour tout dire. L’univers d’L est noir comme un vieux polar se déroulant du côté de Pigalle ou de Chateaurouge, troué de textes plus introspectifs comme « Initiales » ou « Pareil » comme autant d’étoiles. Donc voilà, avec L, on n’est pas dans cette joyeuseté qui a dominé la chanson française ces derniers temps. Ouf le texte revient et l’émotion avec. Et L est une représentante de ce courant dans lequel on glisse aussi Benjamin Biolay. Pour parler d’L, on évoquerait volontiers Barbara. Pour cette façon quand L (elles) chante (nt) de nous donner l’impression de s’adresser  personnellement à chacun d’entre nous.

Pornic, Les Estivales, du 2 juillet au 29 août.
L, place du Môle, le 12 juillet.