La fête aux principes


Ah Noël ! Cette débauche de consommation, ces chapons castrés à la chaîne, ces sapins qu’on abat… Là, à cette ligne du texte, je vous entends (et je vous imagine, j’adore ça) : « Dis donc chéri(e), j’ai l’impression que la fille qui se prend pour une éditorialiste dans le HP a décidé de nous pourrir Noël ». Là, je vous réponds : peine perdue. Allez, combien ne mettent pas, beaucoup ou un peu, leurs principes de côté à cette période ? Je vous vois dans les rayons d’un magasin de jouets (non vraiment j’adore ça) hésiter devant le camion de pompiers fabriqué en Chine : « Dis donc chéri(e), déjà que les Chinois sous-évaluent leur yuan pour nous envahir de leurs exportations, mais quand ils remplacent les pompiers par des pandas, tu les trouves pas hégémoniques sur les bords?» Mais voilà, cette grande échelle, c’est ce que veut Jules, 6 ans, avec sa petite tête d’ange… Dure période pour les convictions. A moins d’opter pour un Noël dématérialisé : offrir un album au format MP3, un livre numérisé pour un ebook ou un billet d’avion numérique pour Rio. Je vois d’ici le matin du 25 décembre : le Sahel sous le sapin et un post-it sur une branche avec tous ces cadeaux impalpables : « ben merci, je vous fais un bisou virtuel… » Ça manquerait de gueule tout ça non ? Mais qu’importe que votre guirlande marche à led ou au diesel, on vous souhaite un Noël somptueux. Chine Dandelion