Après les rockeurs de Sonic Youth en 2008 puis Marianne Faithfull l’an dernier, les Escales redeviennent voyagistes low-cost le temps d’une soirée. Visite d’un des plus grands monuments de la musique afro-américaine le samedi 7 août : George Clinton.
Une fille habillée n’importe comment, à la fois extravertie et profonde, tornade d’énergie scénique et qui fait des trucs dingues avec sa voix…Et si Izia n’était pas en réalité la fille de qui l’on croit ?
La Belle Bleue, comme océan. Egalement comme Les Arts à la Plage de La Baule puisque ce jeune groupe jouera une dizaine de fois les pieds dans l’eau à l’occasion de cette nouvelle opération lancée en juillet par la ville. Leur chanson aux influences rock et reggae devrait ravir leurs fans et les touristes qui les découvriront.
Pour que la neuvième édition de Grande Marée soit encore plus réussie, les organisateurs ont fait appel à Nicolas Gautron et Stéphane Pauvret. Deux Nantais qui ont prévu de mettre en couleur et en espace le remblai de Saint-Nazaire.
Passionnée, généreuse, rapide, soignée…la danse de la compagnie KLP déploie le mouvement des corps au plus juste. Contemporaine, la danse est influencée par le langage hip hop d’un groupe de mecs qui la chorégraphie pour souligner le propos.
La scène bauloise, William Sheller ne la connaît que trop bien. Il y est venu au début des années 90 alors qu’il était « un homme heureux ». Il y est revenu un peu plus tard pour fêter ses vingt ans de scène avec vingt musiciens. Parce qu’il est comme ça Sheller : un pianiste solitaire ou le chef d’un orchestre d’harmonie. « Symphoman » est en tout cas le roi des mélodies qu’on savoure comme Proust sa madeleine. « Les filles de l’aurore », « Dans un vieux rock’n roll », « Le carnet à spirales », « Oh ! J’cours tout seul », « Darjeeling »… Elles sont quasi patrimoniales ces chansons. Et pourtant, leur auteur est un type qui ne fait pas de bruit, la musique lui suffit. Un chanteur constant depuis 1968, année où il a écrit cette chanson-culte « My year is a day ». Quelques années avant, William Sheller avait pourtant opté pour l’étude du piano au conservatoire. Mais l’artiste humait aussi l’air du temps et le vent bruissait alors des Beatles. Néanmoins, le musicien n’a jamais laissé la musique classique derrière lui. Et il faut lui reconnaître de l’audace : un album comme Univers (1987) contient des chansons et un opéra court aux frontières de l’heroic-fantasy. Deux ans plus tard, son travail symphonique s’impose dans l’album Ailleurs. Et en 1991, patatras, il arrive tout seul au piano dans Sheller en solitaire. C’est ainsi qu’il va se présenter sur la scène d’Atlantia. Juste lui et son piano. Et nous, public heureux. MC
En concert à Atlantia, La Baule, le 20 février.
Hocus Pocus sort début 2010 16 pièces son nouvel album. Sa tournée se prépare au Vip à Saint-Nazaire.
Jérôme Bel propose sur scène «Cédric Andrieux» et la projection de «Véronique Doisneau» au LiFE à Saint-Nazaire.
Après des années à danser pour des chorégraphes en France et à l’étranger, Jérôme Bel s’est découvert au début des années 90 une passion pour la mise en scène. Ces dix dernières années, il a proposé un travail chorégraphique qui affirme plus que jamais son goût pour l’exploration et l’inconnu. Refusant l’image «anti-danse» qu’on a bien voulu associer à ses spectacles, il revendique un travail «anti-prostitutionnel et anti-idéologique», éloigné d’une danse qui pourrait privilégier avant tout l’aspect spectaculaire. Toujours en quête d’intensités nouvelles, ses réalisations donnent à réfléchir sur des problématiques, à offrir un champ libre à l’avis subjectif du spectateur sur la proposition artistique. Ses spectacles jouent sur l’interaction entre la scène et le gradin. La danse est pour lui une affaire de spectacle vivant !
Véronique Doisneau créé par Jérôme Bel en 2004 et dont le film sera diffusé dans le cadre d’une soirée du dispositif LiFE LiVE 3 à Saint-Nazaire, est une pièce qui permet d’entendre une danseuse qui prend la parole et qui danse, qui se livre sur sa carrière à l’opéra, avec ses rencontres, ses désirs, sa souffrance, ses préoccupations. Le sujet interroge sur la mémoire et sur l’histoire de la danse.
En exclusivité et en avant-première à Saint-Nazaire, Jérôme Bel présentera également en première partie de cette même soirée Cédric Andrieux. Une pièce co-produite par le Théâtre de la ville de Paris et le Festival d’Automne à Paris, qui s’inscrit comme le prolongement d’une série initiée par la pièce Véronique Doisneau. L’opus porte ici aussi le nom du danseur qui la joue. Une vision personnelle de la danse par l’acteur sera également dévoilée. Cédric Andrieux a fait son apprentissage de la danse au Conservatoire national supérieur de musique et danse de Paris, en tant qu’interprète de Merce Cunningham à New York et récemment au sein du Ballet de l’Opéra de Lyon. Ce soir-là au LiFE, le dialogue sera ouvert, en deux temps, avec deux danseurs d’un côté et le public de l’autre. DD
Au LiFE le 12/12 à 18h
www.lelife.org
Avec La sortie de l’album jeunesse «Le temps des Marguerite» Vincent Cuvellier affirme son talent d’auteur et son goût pour l’engagement amusant.
Nantais quelques années, né à Brest il y a 40 ans, Vincent Cuvellier a gardé une âme d’enfant et adore amuser les bambins.
Après des romans dont l’univers est le quotidien des enfants et dans un style d’écriture lâchée, il oriente alors ses lecteurs vers une joyeuse mélancolie dans des albums illustrés. Son leitmotiv est de « mettre de la légèreté dans les choses graves, et un peu de gravité dans les choses légères ». On retrouve un peu de Goscinny chez lui, et ce n’est pas pour lui déplaire.
Mais même si son maître-mot est l’amusement, l’exigence guide ses choix et son travail.
Autodidacte et éclectique, Vincent Cuvellier a toujours admiré les illustrateurs. Sa complicité avec Robin dans le temps des Marguerite le prouve. Quand on l’interroge sur ses premières lectures, ce sont les bandes dessinées et les illustrés qu’il évoque.
Mais l’auteur est également lecteur d’essais historiques.
Il élargit aujourd’hui sa palette au métier d’éditeur, en dirigeant une collection de biographies historiques chez Actes Sud Jeunesse, dont les premiers titres paraîtront en février 2010. La collection «T’étais qui toi», il l’a voulu un peu décalée du marché actuel des biographies historiques pour enfants. Il souligne «qu’il y aura beaucoup d’humour dans les illustrations, mais le décalage tient surtout au choix des personnages, il y aura aussi bien des gentils que des méchants». VB
Ils sont une des locomotives du rock français. Ils retrouvent le chemin de l’indépendance avec un album neuf et une formation d’origine. Eiffel revient. Pour jouer.
Denis Charolles est un associé idéal pour une saison libre comme lui. Denis Charolles vient trois fois sur la scène du fanal, au micro, à la batterie ou en chef de bande.
Durant la saison culturelle de la scène nationale de Saint-Nazaire la lumière sera faite à trois reprises sur le musicien Denis Charolles. On verra sur scène l’homme-orchestre, le directeur d’orchestre et l’homme de l’orchestre. Homme-vigie aussi, d’un monde musical qu’il joue pour tout simplement «participer à la transmission du bien être, sans la quête de réussite, sans chercher à briller plus qu’un autre». Sa musique, plutôt proche du jazz est balisée de notes mystères, de drôles d’instruments (de batterie, d’arrosoirs, de clairons, de graviers, de tuyaux…), pour être libre et nous emporter loin. Comme il en parle «c’est un peu nous rappeler les espoirs qu’il y a de mettre un pied devant l’autre, tout en étant parfois rigolo et vif, essayer de sortir des choses trop faciles qui pourrait nous amener là où la culture deviendrait un objet de consommation».
Dajla a fait ses classes aux pays du fish and chips et de l’herbe iboga. Elle crée ce mois-ci l’événement avec la sortie d’un album d’afrodélic soul sublime. La soul française peut désormais revendiquer son talent.
«The meaning of Life», le dernier disque de Dajla, est bien l’illustration sonore d’un destin que l’artiste a taillé presque toute seule.
Si la chanteuse est aujourd’hui Nantaise, elle est née il y un peu plus de trente ans à Saint-Nazaire. Pour savoir jouer du clavier et de la basse, elle a commencé la musique à six ans. A 18 ans, avec Coltrane, Public Enemy et The Skatalites en tête, elle traverse la Manche, déterminée à s’évader. Elle vend de la fringue ska à Londres le jour (c’est l’époque de Madness) et joue du clavier la nuit avec un groupe de rock steady. En même temps, elle rêve d’aller au pays de Fishbone (groupe d’afro-rock-soul US légendaire), mais le billet d’avion est trop cher. Dajla est débrouillarde, elle a la rage, et s’épanouit aux côtés du groove, du rap et du rock. Elle veut chanter. Sa curiosité la pousse à partir pour deux ans à Paris en 1996 (en pleine vague hip hop française, NTM a déjà sorti Paris sous les bombes), pour retourner vite aux pays des Sex Pistols pour cinq années de plus, addict à la langue et à l’ouverture que les Anglais accordent à la musique. Elle a des tas de choses à dire et garde en tête l’idée d’enregistrer son truc à elle. Mais il lui manque le complice. Les errances et les rencontres sont des histoires qu’elle veut partager et mettre en musique.
Elle revient en France en 2002, à Nantes, où elle tombe sur Benjamin Bouton (un batteur multi-instrumentiste, producteur et fan des Roots), le partenaire rêvé pour accomplir un projet aux saveurs nu-soul. Un album sortira assez vite, quelques concerts suivront, dont Les Transmusicales à Rennes… Les droits d’auteur l’aident un peu à vivre. Un de ces morceaux sera vendu aux Etats-Unis pour illustrer une pub pour une crème glacée.
Depuis, Dajla a fait un périple au Gabon, où elle apprend et enregistre au contact des musiques racines. Elle y retournera pour une cure d’iboga, une herbe magique issu de «L’arbre de la connaissance».
Aujourd’hui elle sort The meaning of life, un deuxième album, celui de la maturité, réalisé par le fameux Benjamin. On y retrouve d’ailleurs Angelo Moore (ex-Fishbone devenu Dr Madd Vibe). Elle offre douze perles ultra-sexy et humanistes qui trouvent leur insolence et leur brillance dans le groove et le meilleur d’une soul contemporaine et sans frontière, patinée d’afro-jazz et de hip hop. Comme elle dit : De l’Afrodélic soul. David Daunis
myspace.ocm/dajla
Plus intimiste et sensible, son dernier opus. La jolie brune revient sur l’estuaire avec un nouveau spectacle.
« Le disque de la maturité », vieille antienne, poncif journalistique éhonté pour chroniqueur paresseux pourrait bien avoir la peau dure. Difficile, ainsi, d’éluder ce lieu commun à l’écoute du dernier album de La Grande Sophie. Près de vingt ans après ses débuts, toute seule, guitare-voix, à écumer les endroits les plus obscurs de la capitale, où elle s’imposait comme le chef de file d’une chanson-rock légère et naïve à l’esprit « do it yourself » (cette idée singulière de « kitchen miousic », considérant l’activité musicale comme peu différente de toute autre tâche quotidienne), La Grande Sophie revient comme métamorphosée avec « Des Vagues et des Ruisseaux », disque intimiste et sensible, et belle surprise de ce début d’année. Débarrassée désormais de ses atouts variet’rock qui jouaient davantage sur l’énergie que sur la nuance, sa musique a gagné en profondeur et permis à Sophie de se livrer dans des textes à la gravité pudique sur fond de guitares, cordes, piano et chœurs. Même si on est sûr qu’elle n’aura rien perdu de son énergie scénique, on peut aussi parier qu’elle nous offrira quelques morceaux plus intimistes, réarrangées pour la tournée avec une nouvelle équipe de musiciens (et ce pédalier qu’elle a gardé de sa tournée solo sur lequel elle programme les chœurs en direct) qui fait, ce 17 avril, un crochet par Saint-Brevin, ou plus tard par Nantes. Vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire… Cyrille Taillandier
Album «Des Vagues et des Ruisseaux» dans les bacs
La Grande Sophie en concert à L’Etoile de Jade à Saint-Brevin
le 17 avril et le 28 avril à L’Olympic à Nantes.
myspace.com/lagrandesophiemusic
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