Le grand souffleur de jazz français joue de temps en temps avec quelques complices pour que la musique soit au service de l'unique film réalisé par Charles Vanel, Dans la nuit. Explications.
HP : Quel sont les origines du projet de musique sur le film Dans la nuit ?
Louis Sclavis : Une idée de Jacques Quadra d'Arte, qu'il avait soumis il y a six ans au réalisateur Bertrand Tavernier qui m'en a parlé. L'idée m'a plus et j'ai donc travaillé sur cette commande de musique pour ce film dont les droits appartiennent à l'institut Lumière. Depuis, ce spectacle tourne de temps en temps, surtout dans les festivals et seulement quand nous considérons que le lieu est approprié. Ne pas trop le jouer permet de lui conserver sa fraîcheur et de ne pas se lasser. Une formule avec les mêmes cinq musiciens qui sont très pris par ailleurs.
HP : Quel type de film est Dans la nuit ?
LS : C'est d'abord le seul film réalisé par Charles Vanel, cet acteur dont les vœux les plus chers était de devenir réalisateur avant d'être acteur. C'est aussi le dernier film muet français qui a été produit. Un film dont le langage fait penser à Murneau pour l'expressionnisme allemand et à Renoir pour le travail qu'il préfigure et qui fait penser au film "La belle équipe". Charles Vanel s'est beaucoup amusé en réalisant ce film. On y voit des effets, des mouvements de caméra à l'épaule. Ce film est entièrement tourné à l'extérieur. On est proche du reportage sur un certain milieu. Il a un côté psychanalytique, original. Les gens sont généralement séduits.
HP : Vous en parlez comme un cinéphile ?
LS : Si je m'intéresse au cinéma je crois aussi que lorsqu'on compose sur un film on se doit de se pencher sur ce qu'il est et pouvoir en faire une analyse.
HP : Et le film, son histoire ?
LS : Une histoire freudienne, la distorsion d'une réalité. Une lecture qui devient psychanalytique d'un fait d'hiver. Un film qui peut faire penser à un polar comme à un film fantastique. C'est la raison pour laquelle il est ambigu. Son histoire ? ça parle en gros d'un rêve.
HP : Et votre composition musicale dans tout ça ?
LS : Dans un film muet la musique est là pour donner un parfum. Elle peut se permettre une extrême proximité avec le film, proche du pléonasme et à la fois on doit y mettre de la distance. On doit être proche de son rythme, se mettre dans la peau des personnages et parfois laisser parler l'image seule. La musique peut être une musique d'époque et doit aussi être distante de la temporalité.
Je dois dire que mon vrai souci était d'apporter le regard de quelqu'un d'aujourd'hui et non pas apporter une musique pour en faire une pièce de musée.
HP : Vous êtres le seul compositeur de la musique de Dans la nuit ?
LS : Oui, j'ai composé seul puis Dominique Pifarély, le violoniste, a arrangé quelques passages.
Cette musique est très précise. La part de créativité sur scène est effectivement moindre que pour un concert de jazz. Tout est écrit. Ce qui n'empêche pas les musiciens d'apporter leur patte, leur manière d'interpréter.
HP : Une couleur musicale ?
LS : Je répondrais en disant qu'elle est celle d'un orchestre populaire et celle d'un orchestre classique. Valse musette et valse de Vienne…
HP : Quel sont les origines du projet de musique sur le film Dans la nuit ?
Louis Sclavis : Une idée de Jacques Quadra d'Arte, qu'il avait soumis il y a six ans au réalisateur Bertrand Tavernier qui m'en a parlé. L'idée m'a plus et j'ai donc travaillé sur cette commande de musique pour ce film dont les droits appartiennent à l'institut Lumière. Depuis, ce spectacle tourne de temps en temps, surtout dans les festivals et seulement quand nous considérons que le lieu est approprié. Ne pas trop le jouer permet de lui conserver sa fraîcheur et de ne pas se lasser. Une formule avec les mêmes cinq musiciens qui sont très pris par ailleurs.
HP : Quel type de film est Dans la nuit ?
LS : C'est d'abord le seul film réalisé par Charles Vanel, cet acteur dont les vœux les plus chers était de devenir réalisateur avant d'être acteur. C'est aussi le dernier film muet français qui a été produit. Un film dont le langage fait penser à Murneau pour l'expressionnisme allemand et à Renoir pour le travail qu'il préfigure et qui fait penser au film "La belle équipe". Charles Vanel s'est beaucoup amusé en réalisant ce film. On y voit des effets, des mouvements de caméra à l'épaule. Ce film est entièrement tourné à l'extérieur. On est proche du reportage sur un certain milieu. Il a un côté psychanalytique, original. Les gens sont généralement séduits.
HP : Vous en parlez comme un cinéphile ?
LS : Si je m'intéresse au cinéma je crois aussi que lorsqu'on compose sur un film on se doit de se pencher sur ce qu'il est et pouvoir en faire une analyse.
HP : Et le film, son histoire ?
LS : Une histoire freudienne, la distorsion d'une réalité. Une lecture qui devient psychanalytique d'un fait d'hiver. Un film qui peut faire penser à un polar comme à un film fantastique. C'est la raison pour laquelle il est ambigu. Son histoire ? ça parle en gros d'un rêve.
HP : Et votre composition musicale dans tout ça ?
LS : Dans un film muet la musique est là pour donner un parfum. Elle peut se permettre une extrême proximité avec le film, proche du pléonasme et à la fois on doit y mettre de la distance. On doit être proche de son rythme, se mettre dans la peau des personnages et parfois laisser parler l'image seule. La musique peut être une musique d'époque et doit aussi être distante de la temporalité.
Je dois dire que mon vrai souci était d'apporter le regard de quelqu'un d'aujourd'hui et non pas apporter une musique pour en faire une pièce de musée.
HP : Vous êtres le seul compositeur de la musique de Dans la nuit ?
LS : Oui, j'ai composé seul puis Dominique Pifarély, le violoniste, a arrangé quelques passages.
Cette musique est très précise. La part de créativité sur scène est effectivement moindre que pour un concert de jazz. Tout est écrit. Ce qui n'empêche pas les musiciens d'apporter leur patte, leur manière d'interpréter.
HP : Une couleur musicale ?
LS : Je répondrais en disant qu'elle est celle d'un orchestre populaire et celle d'un orchestre classique. Valse musette et valse de Vienne…
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