Richard III, Triptyque Shakespearien, acte II


Richard III, Triptyque Shakespearien, acte II
Après «Hamlet/thèmes et variations» la saison dernière, et avant «Le songe d’une nuit d’été» en 2012, David Gauchard, jeune artiste associé au fanal, parmi les plus doués de sa génération, présente un Richard III magistral, sublimé par la musique et la vidéo, et pourtant théâtrassimo. // Texte : Denissov   Photo : Thierry Laporte

Voici de bonnes raisons de sortir par une (froide) nuit de décembre. L’intensité de ce «Richard III» tient d’abord à la majesté du texte de Shakespeare. Son rythme en vers décasyllabiques et sa puissance poétique sont révélés par la traduction qu’en a faite André Markowicz pour l’occasion. Allégorie du mal, la pièce nous raconte l’implacable accession au pouvoir d’un homme difforme et boiteux. Adressée frontalement au public, l’excellente interprétation de Vincent Mourlon (Richard III) fait réfléchir : le pouvoir ne s’établit-il pas en s’assurant la complicité de ceux qu’il écrase ?
Il faut y aller aussi pour la performance technique et esthétique de la mise en scène qui veut , comme le dit David Gauchard, « rendre organiques théâtre, musique et vidéo, comme une seule et unique partition ». La guitare d’Olivier Mellano, ponctuée de textes rappés par Arm, fascine pendant près de deux heures. Elle donne de la profondeur au dialogue de ce roi enragé avec ses courtisans, élégamment filmés selon la technique du Blue Screen, aussi vivants que ceux qui circulent sur le plateau. La compagnie l’Unijambiste fait la démonstration que le mariage des arts au théâtre est plus que jamais une évidence.

Saint-Nazaire, le fanal au LiFE, le 16 décembre à 20h30
www.lefanal.fr