Stromae, belgotronic


Stromae, belgotronic
Laissant de côté les programmations thématiques pour fêter ses 20 ans de voyages musicaux autour de quelques légendes, les Escales en profitent pour inventer un nouveau concept. Aux côtés d’Archie Shepp ou de Gilberto Gil résonneront cette année, quai Demange, quelques accents de World-Music belge…. Texte : Cyrille Taillandier Photo : Datiphotography

Longtemps, nos voisins d’outre-Quiévrain ont été considérés, dans l’inconscient collectif, comme des buses. Aussi quand il s’agissait de parler de rock belge, beaucoup s’amusaient à n’y voir qu’une bonne blague de plus. Mais des Flamands de The Names intégrant en 79 le label Factory au duo synthétique Soulwax, en passant par TC Matic, Telex ou dEUS, la jeune et créative Belgique s’est souvent montrée beaucoup plus inspirée et créative que nous, accompagnant avec brio les révolutions musicales initiées par leurs autres voisins, les Britanniques.
D’inspiration et de créativité, il en est une nouvelle fois question avec Stromae (maestro en verlan, prononcer « Stromaille »), auteur-compositeur-interprète belge, adepte d’une électro dépressive, acide et déroutante qui affectionne les oxymores. Des paroles, cruelles, bien mises en avant, assénées avec une voix de prédicateur mormon répondent à une eurodance simple, mais terriblement efficace, l’ensemble se dansant avec un plaisir coupable quand notre dandy-nerd réussit à nous faire sautiller sur une dénonciation crue de la pédophilie et de l’enfance maltraitée…
Programmé le même soir que l’électro-choc colombien Bomba Estero, que la fanfare folle furieuse des Balkans de Shantel et de son tout-puissant Bucovina Club Orkestar ou que la joyeuse colonie réunionnaise (Danyel Waro, Christine Salem et Fanfaroné) Stromae n’aura sans doute pas besoin de nous poser la question « Alors, on danse ? ». Le public des Escales devrait très rapidement être en transe.

Saint-Nazaire, Festival Les Escales, le 5 et 6 août
Stromae, le 6 août
www.les-escales.com