Rencontre au Vip, le 12/11/2009 avec les élèves de terminale littéraire du lycée Aristide Briand de St-Nazaire
Malgré le planning serré de Wax Tailor, nous avons réussi à avoir quarante-cinq minutes en sa compagnie. Après avoir préparé l’interview dans un enthousiasme général, nous nous retrouvons au VIP. Invité dans les loges, nous nous installons face à lui, l’interview peu commencer.
Vous qui voyagez et fréquentez des scènes internationales telles que Londres, New-York, Tokyo… que vous inspire votre passage au Vip à Saint-Nazaire ?
C’est marrant car hier j’étais à Alençon et la question qui revenait était : pourquoi Alençon alors qu’hier vous étiez à New York ? Une tournée internationale est une opportunité. Je joue en France car je suis avant tout un artiste français. Et puis, le VIP est une salle agréable et j’aime aussi sa région pour son audience. Et surtout pour ses crêpes !
Comment s’est déroulée la balance, en tant qu’orfèvre du son, vous êtes satisfait de la salle ?
On a des ingénieurs du son qui sont aux petits soins. En même temps, grâce aux vingt ans de politique culturelle, on a, en France, des équipements qui font de nos salles les meilleures du monde. Ce n’est pas pour être chauvin mais, quand tu fais partie d’un grand groupe aux Etats-Unis, tu transportes tous tes équipements avec toi, et, franchement, les salles de concerts sont cinq fois moins bien équipées qu’en France. Et c’est pour ça que lorsqu’on revient, on savoure…c’est un peu comme la bouffe !
Vous travaillez sur scène et sur vos albums avec un trio fidèle – je pense à Marina Quaisse, Charlotte
Savary ou encore Mattic. Qu’amènent-t-ils à votre musique ?
C’est d’abord des histoires de rencontres et d’amitié. Eux, contrairement à moi qui suis un analphabète de la musique, ont une formation « classique ». Ce qui donne une approche différente de ma musique et me permet d’écrire pour des gens plus doués que moi. Puis après, dans la dimension live, vu que ma musique est une musique électronique, je ne voulais pas me retrouver seul sur scène. Je voulais donc un chemin de traverse. Les instruments comme le violoncelle et la flûte traversière correspondaient bien à ce que j’avais écrit.
Vous êtes plutôt généreux dans vos invitations. Ali Harter sur «This Train», Dionne Charles… Comment s’est faite celle avec Charlie Winston par exemple ?
Très simplement ! On s’est rencontré l’automne dernier lorsqu’on travaillait sur nos disques respectifs, entre deux rendez-vous. On a le même label mais à l’époque je ne le connaissais pas. On a décidé d’aller déjeuner et on a tout de suite sympathisé. Un mois et demi après, j’ai écouté sa démo et j’ai vraiment accroché sur sa voix. Il n’était pas mon premier choix mais je l’ai recontacté et on s’est revu. Après la sortie de son album qui a eu un énorme succès, j’ai pensé que ça allait être compliqué mais on a réussi quand même.
Sampling, collage, … On peut penser que tout est écrit à l’avance. Quelle est la part d’inconnu, d’improvisation sur scène ?
On peut penser que tout est écrit à l’avance et… c’est vrai ! Il y a cependant un gros travail de préparation pour conserver l’essence de la musique. Le but étant d’ouvrir des portes pour essayer de réarranger la musique pour que le live soit captivant. C’est un peu comme si tu remixais tous les titres studio, en te disant qu’il doivent exister sur scène. Enfin, pour ce qui est de se laisser des espaces sur scène, je ne vais pas te dire que c’est une musique où d’un concert à l’autre tu auras quelque chose de complètement différent. Aussi, j’aime l’idée d’un spectacle véritablement préparé. Pour moi, la nuance est dans le détail. J’aime aussi cette image de partition écrite. Je ne suis pas un dictateur qui ne laisse aucune liberté à ses musiciens mais j’aime avoir comme fil conducteur des thèmes déjà écrits. Même si j’aime sortir de temps en temps du format… mais pour mieux y revenir.
Je sais par vos précédentes interviews que, je cite : « J’ai un vrai kiff à mettre en lumière des artistes talentueux inconnus ». Avez-vous bénéficié vous aussi à un moment donné de ce coup de projecteur ?
Attention, je dis plein de conneries en interview ! Non, comme ça je ne vois pas. Il n’y a pas un artiste majeur qui a frappé à ma porte et que m’a dit : « Je vais te donner un coup de pouce ! ».
Mais c’est vrai que j’aime l’idée d’un artiste qui m’interpelle, et de me dire que je pourrais le mettre en lumière. L’idée aussi de m’enrichir de ses différences, qu’elles deviennent une richesse pour mon album.
Vous dites souvent que musicalement vous découlez d’une culture hip-hop. Et sinon, par curiosité, vous aimez la chanson française ?
Je n’ai rien contre. En fait, pour en parler, il y a 15 ans on a eu un ministre de la culture qui a décidé qu’il fallait que chaque radio diffuse 50% de chansons françaises. Et je pense qu’il a fait beaucoup de mal à la culture française. Je ne conçois pas que l’on puisse imposer à un artiste de parler en français. C’est un paradoxe dans une société où l’on prône l’ouverture sur le monde. Ces quotas ont entraîné une radio comme Skyrock, qui passait plutôt du Cabrel, à s’imposer coûte que coûte de la chanson française pour finir par se brancher sur le rap français, jusqu’a le faire exploser et même le tuer ! L’industrie du disque est un marché comme un autre, et des personnes doivent faire de l’argent avec ta musique. Le problème, c’est qu’après avoir vendu 800 000 copies de Bénabar et de Vincent Delerm, ils essayent de continuer en fabriquant et en nous imposant des clones de ces deux là.
Si je reconnais qu’il y a quand même des chanteurs français intéressants, je trouve qu’il y en a très peu. J’aime des artistes comme Emilie Loizeau qui prennent des risques et qui osent. Pour moi, Brel et Brassens étaient quand même de bien meilleurs interprètes et paroliers que les artistes d’aujourd’hui qui n’en sont que des pâles copies.
Propos recueillis par Léo Ducatez du lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire
C’est marrant car hier j’étais à Alençon et la question qui revenait était : pourquoi Alençon alors qu’hier vous étiez à New York ? Une tournée internationale est une opportunité. Je joue en France car je suis avant tout un artiste français. Et puis, le VIP est une salle agréable et j’aime aussi sa région pour son audience. Et surtout pour ses crêpes !
Comment s’est déroulée la balance, en tant qu’orfèvre du son, vous êtes satisfait de la salle ?
On a des ingénieurs du son qui sont aux petits soins. En même temps, grâce aux vingt ans de politique culturelle, on a, en France, des équipements qui font de nos salles les meilleures du monde. Ce n’est pas pour être chauvin mais, quand tu fais partie d’un grand groupe aux Etats-Unis, tu transportes tous tes équipements avec toi, et, franchement, les salles de concerts sont cinq fois moins bien équipées qu’en France. Et c’est pour ça que lorsqu’on revient, on savoure…c’est un peu comme la bouffe !
Vous travaillez sur scène et sur vos albums avec un trio fidèle – je pense à Marina Quaisse, Charlotte
Savary ou encore Mattic. Qu’amènent-t-ils à votre musique ?
C’est d’abord des histoires de rencontres et d’amitié. Eux, contrairement à moi qui suis un analphabète de la musique, ont une formation « classique ». Ce qui donne une approche différente de ma musique et me permet d’écrire pour des gens plus doués que moi. Puis après, dans la dimension live, vu que ma musique est une musique électronique, je ne voulais pas me retrouver seul sur scène. Je voulais donc un chemin de traverse. Les instruments comme le violoncelle et la flûte traversière correspondaient bien à ce que j’avais écrit.
Vous êtes plutôt généreux dans vos invitations. Ali Harter sur «This Train», Dionne Charles… Comment s’est faite celle avec Charlie Winston par exemple ?
Très simplement ! On s’est rencontré l’automne dernier lorsqu’on travaillait sur nos disques respectifs, entre deux rendez-vous. On a le même label mais à l’époque je ne le connaissais pas. On a décidé d’aller déjeuner et on a tout de suite sympathisé. Un mois et demi après, j’ai écouté sa démo et j’ai vraiment accroché sur sa voix. Il n’était pas mon premier choix mais je l’ai recontacté et on s’est revu. Après la sortie de son album qui a eu un énorme succès, j’ai pensé que ça allait être compliqué mais on a réussi quand même.
Sampling, collage, … On peut penser que tout est écrit à l’avance. Quelle est la part d’inconnu, d’improvisation sur scène ?
On peut penser que tout est écrit à l’avance et… c’est vrai ! Il y a cependant un gros travail de préparation pour conserver l’essence de la musique. Le but étant d’ouvrir des portes pour essayer de réarranger la musique pour que le live soit captivant. C’est un peu comme si tu remixais tous les titres studio, en te disant qu’il doivent exister sur scène. Enfin, pour ce qui est de se laisser des espaces sur scène, je ne vais pas te dire que c’est une musique où d’un concert à l’autre tu auras quelque chose de complètement différent. Aussi, j’aime l’idée d’un spectacle véritablement préparé. Pour moi, la nuance est dans le détail. J’aime aussi cette image de partition écrite. Je ne suis pas un dictateur qui ne laisse aucune liberté à ses musiciens mais j’aime avoir comme fil conducteur des thèmes déjà écrits. Même si j’aime sortir de temps en temps du format… mais pour mieux y revenir.
Je sais par vos précédentes interviews que, je cite : « J’ai un vrai kiff à mettre en lumière des artistes talentueux inconnus ». Avez-vous bénéficié vous aussi à un moment donné de ce coup de projecteur ?
Attention, je dis plein de conneries en interview ! Non, comme ça je ne vois pas. Il n’y a pas un artiste majeur qui a frappé à ma porte et que m’a dit : « Je vais te donner un coup de pouce ! ».
Mais c’est vrai que j’aime l’idée d’un artiste qui m’interpelle, et de me dire que je pourrais le mettre en lumière. L’idée aussi de m’enrichir de ses différences, qu’elles deviennent une richesse pour mon album.
Vous dites souvent que musicalement vous découlez d’une culture hip-hop. Et sinon, par curiosité, vous aimez la chanson française ?
Je n’ai rien contre. En fait, pour en parler, il y a 15 ans on a eu un ministre de la culture qui a décidé qu’il fallait que chaque radio diffuse 50% de chansons françaises. Et je pense qu’il a fait beaucoup de mal à la culture française. Je ne conçois pas que l’on puisse imposer à un artiste de parler en français. C’est un paradoxe dans une société où l’on prône l’ouverture sur le monde. Ces quotas ont entraîné une radio comme Skyrock, qui passait plutôt du Cabrel, à s’imposer coûte que coûte de la chanson française pour finir par se brancher sur le rap français, jusqu’a le faire exploser et même le tuer ! L’industrie du disque est un marché comme un autre, et des personnes doivent faire de l’argent avec ta musique. Le problème, c’est qu’après avoir vendu 800 000 copies de Bénabar et de Vincent Delerm, ils essayent de continuer en fabriquant et en nous imposant des clones de ces deux là.
Si je reconnais qu’il y a quand même des chanteurs français intéressants, je trouve qu’il y en a très peu. J’aime des artistes comme Emilie Loizeau qui prennent des risques et qui osent. Pour moi, Brel et Brassens étaient quand même de bien meilleurs interprètes et paroliers que les artistes d’aujourd’hui qui n’en sont que des pâles copies.
Propos recueillis par Léo Ducatez du lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire
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