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Sylvain Coher
À toute vitesse.
Sylvain Coher vit à Paris et à Nantes. « Carénage », son sixième roman vient de paraître chez Actes Sud. Pour Anton, le héros, seule la vitesse compte, il enfourche sa Triumph noire et plus rien ne compte. Leen l’aime et l’attend. Elle jalouse cette « élégante » qui fait corps avec Anton. Rencontre avec Sylvain Coher pour quelques questions, à toute vitesse. Texte : Siro Matorez - photo : Sylvain Coher « L’Elégante », la Triumph est vivante. Précision des bruits, des sensations. Etes-vous motard ? Pas du tout ! Mais je me suis pas mal documenté et j’ai parmi mes amis quelques motards que j’ai pu observer en douce. J’ai fait le pari d’écrire autour d’une moto en n’étant pas motard moi-même et j’espère réussir à embarquer un lecteur peu enclin à faire de la moto (et il y en a !) sur le siège passager. C’est une expérience essentiellement littéraire, une simple question de perception. "Carénage" est un roman qui va vite, Anton est condamné à aller vite. Pourquoi la vitesse ? La vitesse est le thème central, mais Carénage est aussi une histoire d’amour, contrariée par le désir de vivre plus vite et plus intensément. Et la vitesse (comme la lecture) est un remède contre l’ennui et la monotonie du train-train quotidien. Mais c’est aussi l’idée du danger et la fascination qu’il procure. Au final, la moto m’importait moins que les sensations qui lui sont liées. Rythme, accélération, légèreté, silence, vrombissement… musicalité de la langue. Quel rapport avez-vous avec la musique ? J’aime la sonorité des mots dans les phrases, qu’ils « sonnent » et puissent entrer en résonance avec ce qu’elles évoquent. Pour le reste, chaque livre a sa petite play-list intime. Pour Carénage, on y trouverait aussi bien Le quatuor n° 14 de Schubert « La jeune fille et la mort », que Aswefall (qui y est cité) ou pourquoi pas les Ramones, selon les pages et selon ce qui se passe sous le casque d’Anton. Impossible en vous lisant de ne pas être envahi d’images, quelles affinités avez-vous avec elles ? Je suis d’une génération d’images et de sons. Ils accompagnent les mots que j’écris, comme une sorte de clip où on retrouverait pêle-mêle des images de Duel (S. Spielberg), de Christine (J. Carpenter) et de La Vie de Jésus (B. Dumont), entre autres... Lire la chronique du livre Carénage |
Les Orientales de St Florent
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