Si l’activité artistique majeur du jeune Raphaël Zarka est la sculpture, ce sont des photographies qu’il présente durant l’exposition Modern(c)ité au Grand Café. Une série de clichés qu’il intitule «Les formes du repos». Il s’explique ici sur son attachement personnel à ces drôles d’épaves souvent issus de la modernité.


Tête à tête : Raphaël Zarka / Les formes du repos.
Dans le cadre de Modern(c)ité, vous présentez une série de photographies que vous appelez Les formes du repos. Parlez-nous d’elles.
Cette série photographique à commencé en 2001. Elle représente des formes en béton, isolées dans le paysage. Elles sont des objets du génie-civil, comme des sculptures trouvées, qui correspondent à l’idée que j’ai de la sculpture que j’aurais aimé faire. Car au départ, je suis un sculpteur, pas un photographe. Ma pratique de la photographie est documentaire. Elle correspond à une attitude qui s’attarde davantage à observer le réel, ici des formes, plutôt que de concevoir.


Mais comment et pourquoi vous êtes vous arrêté sur ces objets, sur ces formes ?
Au départ les rencontres se sont faites au hasard, en me promenant. Pour chacune d’entre elles, j’ai eu une attirance très forte et très personnelle. J’ai été interloqué par leur identité singulière, leur situation, leur architecture. Mon rapport avec ces formes est d’ailleurs très affectif, très émotionnel. C’est assez simple, quand j’en repère une, qu’elle m’interpelle, je m’en approche et me penche sur sa raison d’être. Vient ensuite un élan à faire des recherches sur son histoire pour mieux la comprendre.


Par exemple ?
Les exemples sont variés. Ici, un brise-lame (photo ci-dessus) construit au XXe sous forme expérimentale   qui finalement a été laissé à l’abandon sans avoir jamais servi. Et ce qui est incroyable c’est que par la suite j’ai retrouvé cette forme dans un traité du XVIe siècle écrit par Léonard de Vinci. On peut s’interroger sur cette forme qui a été pensée pour être idéale, pour un fonctionnement précis, et qui finalement n’est pas utilisé, pour être laissée à l’abandon dans le paysage. Et ce rail d’aérotrain de 18 km de long, inachevé, isolé également. Du coup ne pourrions-nous pas avoir une pensée pour ce progrès qui produit des formes, toutes très étudiées, avec certaines qui marchent et d’autres pas. D’où cette notion d’oubli ou d’usage.

Ce travail documentaire sur les formes vous sert-il pour créer autrement ?
Pour intégrer le projet de la série photographique je fais vivre les formes sous plusieurs modes d’existence : vidéo, sculpture, écriture. Elle peuvent donc être déclinées sous d’autres formes avec d’autres dimensions, d’autres matières. Après plusieurs années, je remarque que des familles se dessinent. Certaines sont très géométriques, il y a les anneaux, les courbes etc…
J’en ai fait un sujet de travail  que je définis comme La migration des formes à travers l’histoire et les matériaux.

Nous savons qu’en parallèle vous êtes skateur. Forme, skate, des rapports sans aucun doute?
Pour faire simple, disons que le skate est un formidable moyen de repérer des formes dans la ville et de se familiariser à leurs contacts. Ce qui permet aussi de tester leurs matériaux en se frottant et en glissant…

myspace.com/raphaelzarka
www.grandcafe-saintnazaire.fr

l'équipe du haut parleur

TÊTE A TÊTE.

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