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The Black Keys, Le double des clés
La clé des White Stripes désormais remisée sous la porte, les garagistes vicieux de l’Ohio, souvent comparés pour leur blues-rock binaire au duo de Detroit, devraient enfin cesser d’être considérés uniquement comme leur double sombre. Texte : Cyrille Taillandier Photo : DR
Longtemps victimes d’une coupable négligence, Patrick Carney et Dan Auerbach bénéficient, depuis quelques mois et la sortie de l’excellent Brothers, d’une reconnaissance qui semblait les fuir. C’est que leur formule des plus basiques (une guitare jouée avec un médiator en papier de verre et des fûts de batterie matraqués avec une classe infernale) - pas si éloignée que ça de celle des White Stripes - et une volée d’albums sur lesquels, comme deux blancs-becs hargneux un jour de punition collective, ils torturent le blues, la pop et le rock’n’roll, auraient pu leur valoir à eux aussi de virer superstars parés de cuir. Sauf que… Une iconographie moins travaillée et l’absence d’un tube mastodonte braillé dans tous les vestiaires de foot de quartier auront valu aux Black Keys d’attendre un peu. Mais l’heure est désormais venue de crier au génie, de vendre son âme au diable devant ce délire soul rock magistral. Brothers renvoie tout le monde à ses études (et Meg et Jack à la retraite ?) et réconcilie adeptes de rock et clubbeurs, capable qu’il est de déniaiser le mainstream et d’élargir une audience encore confidentielle. Le public nantais ne s’est d’ailleurs pas trompé. Le concert de l’Olympic est complet depuis des semaines. Nantes, à L’Olympic, le 16 mars (complet) www.theblackkeys.com |
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