Un Lieu de récréation, une nouvelle manière de faire la cour


Un Lieu de récréation, une nouvelle manière de faire la cour
EPISODE 5 : Un Lieu de récréation, une nouvelle manière de faire la cour

La municipalité de Saint-Nazaire offre un lifting bien mérité à la cour de l’école Gambetta. Une manière de la rendre attrayante, lieu de bien-être et d’initiatives pédagogiques. Texte et photo : Siro Matorez

15H. C’est la récré ! Emmitouflés, 150 élèves se précipitent, certains avec un peu de réticence (le froid !). La grande place centrale demi-circulaire s’agite, elle est comme une « scène » : on y court, on s’agrippe, on se hèle. A deux pas, assis sur les larges gradins de pierre, on converse, on dit des mots secrets et on observe, « de là, on voit tout et parfois on se moque des autres », avoue Alison. Des courses interminables mobilisent les couloirs colorés, on franchit lestement les bancs courbes qui servent d’obstacles, « ça va vite, grâce à la pente » s’exclame Allan.Tout là-haut, les plus téméraires grimpent sur les structures de jeux, acrobates ! La plateforme engazonnée est désertée, trop humide pour le moment, « bientôt , on y jouera au foot et même au hockey », anticipe Zacharie. Marion n’hésite pas : « elle est magnifique, pleine de couleurs et d’espaces pour courir. » Sarah enchaîne de ses yeux vifs : « on s’asseoit pour parler parce qu’il y a les murets, et avant elle était sale, grise et vieille. »
Voilà, tout est dit, les élèves s’emparent de tous les recoins et « elle », c’est la cour qui après son lifting fait bigrement penser à la place de Sienne ou à l’agora des villes antiques. La rénovation du parc scolaire est un axe fort décidé par la municipalité de Saint Nazaire. Premier chantier : l’école Gambetta dont les abords et l’image se dégradaient.
Pour répondre de près aux besoins, un groupe d’utilisateurs (enseignants et parents) s’est mis au travail pour rédiger un cahier des charges. Tenir compte des avis et des contraintes : la sécurité, la surveillance, la superficie, la pente du terrain… Sébastien Lescop, architecte-paysagiste, sous l’impulsion de la mairie a dessiné et proposé un projet : chaque espace est pensé pour faciliter des activités possibles, pour se l’approprier et les élèves et les enseignants ne s’en privent pas.
Exit l’effet bitume gris uniforme ! Exit la monotonie ! Place à la couleur, aux végétaux, aux matériaux variés. Même les clôtures n’arrêtent pas le regard et se camouflent sous leur aspect bambou. On n’est pas enfermé et le lieu murmure « bienvenue ». Les enseignants le font évoluer : un verger sera planté d’arbres fruitiers et le potager deviendra réalité au printemps, vivement ! Les élèves vont être de bêche avec un jardinier et ils conjugueront leurs efforts pour planter, sarcler, ratisser, biner et regarderont pousser leurs légumes.
Quand on grandit, on oublie, on ne mesure pas tout ce qui se joue sur une cour d’école. On rit et on pleure, on aime et on souffre, on tape et on reçoit, on se socialise, parfois on se cache, on transgresse, on se confronte, on cohabite ou on s’évite. Alors, prendre soin de ces lieux pour contribuer à pacifier les rapports et donner envie, les rendre joyeux, attractifs, fonctionnels… Sans aucun doute, la cour de Gambetta va faire école. Et les envieux risquent d’être nombreux !




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